Orpaillage par dragage : Le nouveau code minier prévoit l’interdiction de l’activité

La ministre des Mines et du Pétrole, Mme Lelenta Hawa Baba Ba, a animé hier une conférence de presse, à l’hôtel Maeva Palace pour annoncer la suspension de l’orpaillage pour trois mois et l’exploration et l’exploitation de l’or par dragage sur les cours d’eau au Mali pour une période de 12 mois.

Dans son mot introductif, la ministre des Mines et du Pétrole, a expliqué qu’un arrêté interministériel est en vigueur depuis le 15 mai dernier. Cet arrêté prévoit la suspension des activités aurifères d’exploitation par dragage sur l’ensemble des cours d’eau du pays durant une année.

D’ici la fin de cette période, il est prévu la relecture du Code minier de 2012. Ce code, après relecture, a précisé Mme Lelenta Hawa Baba Ba prévoit l’interdiction formelle des dragues en République du Mali.

La ministre des Mines et du Pétrole a expliqué ensuite que le dragage est fait avec des produits dangereux comme le cyanure et le mercure, des produits très néfastes pour la santé et l’environnement.

En outre, Mme Lelenta Hawa Baba Ba a confié que suite aux différentes missions effectuées sur le terrain, la dernière en date du 25 mai dernier, il a été constaté avec amertume la pollution que causent le dragage et l’utilisation des produits chimiques dangereux. Ces pratiques, dira la ministre Ba, causent des dommages aux différents cours d’eau du Mali notamment le fleuve Niger jusque dans la ville de Bamako, le fleuve Bakoye et la Falémé en provoquant leur obstruction, en détériorant la qualité de l’eau que les riverains boivent.

Outre tous ces phénomènes, il convient de préciser que le mercure utilisé dans l’exploitation de l’or dans l’orpaillage et le dragage met en danger la vie des utilisateurs directs et les consommateurs de poissons de tout le pays.

Selon Mme Lelenta Hawa Baba Ba, il urge de trouver une solution appropriée à la question de drague. Elle a assuré que le ministère des Mines et du Pétrole n’est pas le seul département concerné par la lutte contre le phénomène. C’est le gouvernement sous la conduite du président de la République qui est décidé à mettre un terme à ce fléau. « Oui, j’ai dit un fléau, puisque depuis 2017, nous nous sommes rendus compte des dangers qu’occasionne l’activité extractive de l’or par le dragage sur les cours d’eau.

D’ailleurs, depuis cette date, aucun titre ou permis n’a été délivré par les services techniques du département des Mines et du Pétrole », a assuré la ministre Ba qui a déploré le fait que malgré toutes ces mesures, les dragues se dénombrent par centaines sur les différents fleuves au Mali.

Or, nous partageons ces cours d’eau avec les pays voisins. «Nous avons également signé des conventions internationales pour leur sauvegarde, il faudrait les respecter», a-t-elle conseillé, avant de rappeler que la période de suspension annuelle de l’orpaillage est prévue du 15 juin au 30 septembre prochain. A cet effet, le ministère des Mines et du Pétrole et ses partenaires s’attèlent à la réorganisation du dragage, qui est une activité qui occupe un nombre important de personnes mais qui nuit à l’agriculture et à l’environnement.

Abdoul Karim COULIBALY

SourceEssor

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